Questions d’élus à Mme la Maire du 14e sur la rénovation de la Santé, et réponse

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Questions posées par Madame Chantal MERCHADOU, Présidente du Groupe UDI-MoDem et Monsieur Eric AZIERE, Conseiller de Paris, concernant le chantier de restructuration de la prison de la Santé.

 M AZIERE

Le chantier de restructuration de la prison de la Santé devrait débuter dans quelques mois. L’importance de ce chantier fait que les inquiétudes et les questions des riverains augmentent au fur et à mesure que l’on se rapproche du démarrage de cette opération. L’administration pénitentiaire n’est pas un modèle de communication sur ce projet, et ce depuis le début.

 Les inquiétudes sont les suivantes :

– en raison de l’importance du chantier, les riverains sont confrontés à une inquiétude particulière, celle de la démolition partielle des bâtiments existants de la prison et de la reconstruction de bâtiments de plus grande envergure qui risque d’impacter sensiblement les structures des bâtiments privés alentour ;

la cohabitation d’une prison avec son quartier, qui relève des interactions entre la prison et la vie du quartier, qui ne semblent pas avoir été prises en compte dans le projet. Le quartier des détenus en semi-liberté serait en effet installé rue Messier avec ouverture sur la même rue, et la centaine de ces détenus qui sortent le matin et rentrent le soir, non sans avoir erré aux alentours, transiterait par cette petite rue, tout comme les familles des détenus dont l’accès serait maintenu au même endroit.

 Il convient de préciser que les riverains de la rue de la Santé se plaignaient de problèmes de voisinage liés aux détenus : occupation de halls d’immeubles ou de recoins où ils se réfugiaient pour fumer une dernière cigarette avant de rentrer en prison.

 C’est pourquoi les riverains, notamment les parents d’élèves, font part de leur vive inquiétude quant aux rencontres inévitables qui vont se produire entre les écoliers de l’école maternelle (rue Jean-Dolent en face de la prison) et de l’école élémentaire et du collège boulevard Arago d’une part, et les prisonniers d’autre part, le flux des familles le matin et le soir étant important sur ce secteur.

 Nous posons quatre questions à Madame la Maire :

Y a-t-il des risques d’impact réels sur le bâti ? Ont-ils été évalués et mesurés ? Avez-vous des précisions à fournir sur ce sujet ?

Quelles mesures envisagez-vous de prendre pour la protection du chantier ? Il s’agit là d’un chantier d’intérêt public. Je suppose que la mairie du 14ème offrira des garanties sur la sécurité des personnes que la sécurité des personnes et notamment celle des personnes à mobilité réduite et des enfants.

La troisième question revient sur le futur et la cohabitation de la prison. Est-il possible d’obtenir une ouverture pour les sorties et entrées quotidiennes des détenus en semi-liberté sur le Boulevard Arago ? Plus éloignée des écoles, cette ouverture supprimerait le risque de rencontres entre les enfants et les détenus. Elle faciliterait en outre la fluidité de la circulation dans la rue Messier suffisamment encombrée par les allées et venues des familles des détenus.

 Le quatrième point est de s’assurer que la conception des bâtiments, et notamment l’emplacement des cellules des prisonniers, ne permettent pas à ces derniers, comme c’était le cas précédemment, d’interpeller les passants de la rue Jean-Dolent, les mettant en difficulté.

 Ce Conseil d’arrondissement s’honorerait un jour d’avoir un débat ou une présentation argumentée en particulier avec les associations de riverains qui -ils sont présents à ce Conseil d’arrondissement ce soir- auraient voulu s’exprimer et n’ont pas pu le faire.

Il serait bon que l’on puisse les entendre un jour. Merci.

 Mme PETIT

 Merci. C’est pour cela que j’avais pris l’initiative de demander à l’administration pénitentiaire d’organiser cette réunion publique pour entendre les riverains, et de le faire le plus possible en amont du démarrage du chantier, à partir du moment où le Ministère de la Justice avait retenu définitivement son projet.

Lorsque l’on touche à un bâtiment de ce type là, il n’y a pas de permis de construire ; c’est un permis d’État. Nous avions demandé à l’administration pénitentiaire de pouvoir organiser cette réunion publique de présentation de chantier et de pouvoir constituer un comité d’arrondissement de suivi de chantier, pour que tout au long de cette opération, les riverains et les voisins de la prison de la Santé puissent suivre au mieux ce chantier avec ceux qui en sont responsables, et que l’ensemble des questions puissent avoir des réponses.

 Suite à la réunion publique du 28 janvier dernier organisée à ma demande -à laquelle je n’ai pu me rendre, je m’en excuse auprès des riverains- nous avons travaillé avec l’Agence Publique pour l’Immobilier de la Justice, afin qu’elle puisse étudier les demandes des riverains exprimées à cette occasion.

 S’agissant des dispositions préventives liées au chantier, j’ai soutenu la demande des riverains d’engager un référé préventif. En effet, le site de la prison étant situé sur une zone d’anciennes carrières, savoir si les bâtiments avoisinants seront touchés par d’éventuels sinistres est une question légitime.

L’APIJ m’a indiqué que la procédure de référé préventif avait été lancée. Le juge a été saisi pour désigner un expert et une assignation au tribunal de l’ensemble des riverains de la maison d’arrêt va être envoyée. Nous avons convenu qu’une communication spécifique serait menée auprès des riverains.

 S’agissant des accès en phase chantier, les premiers travaux s’effectueront sans modification des accès actuels. C’est à partir de la mi-septembre, lors du démarrage de la phase de travaux plus importantes que des accès dédiés aux travaux seront mis en place de la façon suivante : une entrée provisoire pour le fonctionnement pénitentiaire sera créée rue de la Santé côté boulevard Arago. Des accès chantiers se feront rue de la Santé à l’opposé pour permettre une circulation fluide et notamment une sortie des camions boulevard Arago. La circulation de chantier se fera beaucoup à l’intérieur de la parcelle, à l’abri du mur d’enceinte. Comme toute gestion de travaux à Paris, l’organisation des chantiers s’étudie avec les services voirie de la Ville de Paris, avec la Préfecture de Police, afin de limiter la gêne occasionnée et d’assurer la sécurisation maximale des piétons et des différents usagers de la voirie. À tout moment, on peut redemander à la voirie de réétudier avec le responsable du chantier s’il y a des adaptations à faire, Nous le faisons régulièrement, que ce soit avec la RATP ou, nous l’avons évoqué, avec le Gaumont Alésia.

 S’agissant du nouveau fonctionnement des flux de la prison après rénovation, le projet prévoit un rééquilibrage des flux entre l’entrée principale située de la rue de la Santé et celle située rue Messier. L’entrée de la rue Messier sera consacrée, comme actuellement, à l’entrée des familles au parloir, dans des conditions beaucoup plus agréables, et aux livraisons logistiques. Un accès sera également prévu pour les détenus en semi-liberté bénéficiant d’un nouveau bâtiment, plus adapté, mieux connecté avec la ville, du fait d’un accès direct à Denfert-Rochereau. L’entrée de la rue de la Santé restera l’entrée principale, pour les détenus, le personnel pénitentiaire et les avocats. Elle doit être décalée par rapport au porche historique, tant pour créer un sas pour les véhicules de sûreté que pour des raisons de préservation patrimoniale et de mise en valeur du porche historique.

S’agissant de la conception des bâtiments permettant de limiter la gêne occasionnée aux riverains, puisqu’il y a aussi des problèmes d’intrusion par l’école, sur les toits de l’école de la rue Jean Dolent, les bâtiments de la maison d’arrêt reconstruits seront positionnées par rapport projet légèrement plus en retrait que précédemment, permettant un recul par rapport à la rue. Les fenêtres des cellules seront équipées de barreaux et de caillebotis horizontaux qui limitent la visibilité directe vers l’espace public.

C’est un chantier un peu historique du point de vue du patrimoine pénitentiaire, que nous allons connaître dans l’arrondissement. Il faut que cela se passe au mieux. L’État a voulu conserver une fonction prison à l’intérieur de Paris intra-muros et que les conditions de détention continuent de répondre aux normes d’aujourd’hui en termes d’hygiène et d’accueil des prisonniers et du personnel.

Nous serons aux côtés des riverains pour suivre avec eux ce chantier et pour que l’APIJ leur apporte toutes les explications et puisse assurer le déroulé de ce chantier au mieux.

 Voici les premiers éléments que je pouvais porter à votre connaissance. Les riverains se constituent en association. Ils ont bien raison ! Nous allons répondre à leurs questions sur la base des éléments que nous avons reçus fin février.

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